Les consommateurs écoresponsables ne sont pas (tous) bobos

Article mis en ligne par · 14 janvier 2021 ·
Page de garde étude ObSoCo-CITEO Observatoire-Consommation-responsable

L’ObSoCo et Citéo viennent de livrer leur dernière édition de l’Observatoire de la Consommation responsable. Selon cette vaste enquête* auprès des Français, « un changement culturel est en cours. » La typologie dressée par l’Observatoire établit que près d’un consommateur sur deux est significativement engagé dans la consommation responsable.

L’un des apports majeurs de l’étude est d’éclairer sur ce que les Français entendent par la consommation responsable par le biais d’une question ouverte. La gestion des déchets et le recyclage y occupent un rôle prépondérant. Mais le premier critère est l’ancrage local de la consommation. « Porté par la crise sanitaire, le ‘localisme’ apparaît conjuguer les deux piliers de la consommation responsable : la réduction de l’impact environnemental couplée à une recherche d’impacts sociaux et sociétaux positifs, qui se reflète dans le désir de soutenir l’économie de son pays, de sa région, de son quartier », analyse l’étude. Certains comportements responsables apparaissent d’ores et déjà largement établis. Le tri des déchets ménagers (que 91 % des personnes interrogées disent pratiquer régulièrement ou systématiquement) se hisse au premier rang d’un peloton de tête où figurent également la consommation de produits bio ou équitables et le « faire soi-même » qui s’est amplifié avec la crise sanitaire.

Êtes-vous « climato-natif » ou « écolo-hipster » ?

La typologie des profils de consommateurs responsables dressée par l’Observatoire tranche avec les stéréotypes habituels. « Loin de n’être qu’une affaire de capital économique, culturel et symbolique, l’adoption de démarches responsables semble tenir avant tout à des valeurs et au rapport au monde », établit l’étude. Les 18-24 ans se situent très souvent en pointe par rapport aux autres tranches d’âge. Trois groupes, sur les cinq identifiés, sont significativement engagés dans la consommation responsable et représentent, réunis, 44 % de la population française. Et parmi eux, deux groupes se détachent et constituent les fers de lance de la consommation responsable : les climato-natifs et les écolos-responsables. Ces derniers (17 % de la population) « forment en quelque sorte la vieille garde. Leur engagement porte tout autant sur la dimension environnementale que sur la dimension sociale et sociétale en cohérence avec un système de valeurs orienté vers l’altruisme. » Les climato-natifs (11 % de la population) sont beaucoup plus jeunes et affichent « à la fois une conception très radicale de la relation des Hommes à la nature et un système de valeurs orienté vers l’épanouissement et la réalisation personnelle ». Les écolo-hipsters (16 % de la population), souvent CSP+ et fortement diplômés, « combinent une fibre altruiste avec un net penchant pour le consumérisme qui les conduisent plus vers un verdissement de leur consommation et de leurs modes de vie que vers un véritable engagement responsable. »

Les marques attendues au tournant

L’enquête pointe enfin les différents obstacles qui se dressent entre les intentions et la réalité des comportements. Près de 60 % des Français estiment en effet qu’il est difficile de consommer de façon responsable. Si la gestion des déchets arrive en tête des démarches jugées faciles pour 83 % des répondants, trois facteurs majeurs freinent l’adoption de comportements responsables : le coût (52 % des répondants), l’insuffisance de l’offre (40 %) et enfin le manque d’information (38 %). Autant de leviers qui constituent des marges de progrès pour les entreprises fortement attendues sur le terrain de l’innovation et de la pédagogie. L’étude révèle également que la diffusion de la consommation responsable est d’autant plus forte qu’elle combine bénéfices consommateurs et contribution au bien commun…

*Les données de l’Observatoire de la consommation responsable sont issues d’une enquête en ligne conduite du 26 août au 22 septembre 2020 auprès d’un échantillon de 3 851 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans.