Le Marché de Léopold : le bio familial et local

Article mis en ligne par · 29 décembre 2020 ·

Créée en 2008 par un jeune entrepreneur à l’esprit commerçant, l’enseigne de magasins bio Le Marché de Léopold compte 21 magasins en France. Sa recette : des points de vente conviviaux, misant sur l’offre la plus locale possible et le vrac.

Benjamin Quiras, fondateur de l’enseigne bio Le Marché de Léopold

Douze ans après sa création à Langon, près de Bordeaux, l’enseigne de magasins bio Le Marché de Léopold a ouvert son vingtième magasin en octobre 2020 en périphérie du Mans (72). Le 19e avait ouvert à Ancenis en Loire-Atlantique, juste au lendemain du premier confinement. Un parcours remarquable pour la chaîne imaginée par Benjamin Quiras au début des années 2000 dans le cadre d’un projet étudiant ! Fils de commerçants, le jeune homme alors âgé de 26 ans, a relancé le projet avec deux amis après une première et ennuyeuse expérience dans les assurances… L’idée était alors de vendre des produits bio dans des magasins d’esprit convivial, tranchant avec l’entre-soi des enseignes bio historiques.

Clientèle familiale

Appartenant à la même génération de magasins que NaturéO et – comme ces derniers – le plus souvent implantés en périphérie, les points de vente Le Marché de Léopold visent une clientèle familiale. C’est d’ailleurs un heureux événement qui a donné son nom à l’enseigne : il a été choisi “parce qu’un petit Léopold est né dans notre entourage au moment où nous réalisions le projet”, relate Benjamin Quiras… Depuis, le bébé a bien grandi. Son chiffre d’affaires a atteint les 29 millions d’euros en 2019 et la prévision pour 2020 est de 34 millions. Une croissance qui a convaincu le fonds privé d’investissement Vespa Capital, détenu par des entrepreneurs et chefs d’entreprise, de prendre une participation majoritaire l’an dernier. Les principaux cadres de l’entreprise sont partie prenante de l’opération via un LBO.

Une large autonomie d’achats

Développés sur 500 m2 environ (avec une amplitude allant de 300 à 680 m2), Les Marchés de Léopold sont habillés de bois et rehaussés par une signalétique utilisant un lettrage espiègle, à mi-chemin entre les caractères d’imprimerie et l’écriture cursive. La façade affiche le triptyque qui a fait l’identité de l’enseigne de- puis l’origine : bio & local, primeur de saison et zéro déchet. Les points de vente présentent au total 8 000 références. Le rayon vrac totalise jusqu’à 380 références et propose des contenants consignés. Pour les produits locaux, les magasins disposent d’une large autonomie. “Nos collaborateurs ont toute latitude pour trouver les bons producteurs locaux, mais il subsiste des différences importantes en fonction de l’ancienneté et de la localisation du magasin. Le magasin de Villeneuve-sur-Lot travaille avec 70 producteurs locaux quand celui de Gujan-Mestras en a beaucoup moins faute d’un tissu de producteurs suffisant sur le bassin d’Arcachon”, décrit Benjamin Quiras.

En moyenne, un point de vente travaille avec une trentaine de fournisseurs locaux (sur un total de 350 fournisseurs pour l’enseigne), mais cela peut grimper jusqu’à plus d’une centaine. “Nous pouvons encore faire mieux car de nouveaux producteurs bio arrivent sur le marché avec un ADN de spécialiste, dans des proportions qui n’existaient pas il y a encore huit ans”, se félicite le commerçant. Pour la partie commune de l’assortiment, Le Marché de Léopold est adhérent de la centrale Les Comptoirs de la Bio depuis sa création.

Les conséquences durables de la Covid

L’alimentaire représente quelque 72 % du chiffre d’affaires de l’enseigne, hors compléments alimentaires (un peu plus de 4 %, soit à peu près autant que les cosmétiques). L’épicerie emballée pèse 30 % des ventes, le frais entre 16 et 17 %. Après s’être rués sur les féculents et légumes secs en début de confinement, les consommateurs se sont rattrapés sur les fruits et légumes dès leur liberté de mouvement retrouvée. Leur part a monté jusqu’à 30 % des ventes. Mais Benjamin Quiras pense que l’on reviendra à terme à une proportion plus classique de 15 %. À l’inverse, le vrac a perdu quelques plumes du fait des inquiétudes sanitaires, pour se tasser à 8 % des ventes au lieu de 10 %. Mais là encore, le patron du Marché de Léopold ne croit pas à une inversion de tendance. Pour lui, le zéro déchet a en- core la faveur des consommateurs et du potentiel d’innovation.

Les principales conséquences de la crise du Covid-19 sont selon lui à chercher ailleurs. Elles résident d’une part dans le coup de fouet qu’elle a donné aux circuits courts « dont la capacité ne cesse d’augmenter« . Le Marché de Léopold compte ainsi continuer à travailler avec les partenaires locaux qui l’ont rejoint pendant le confinement. Quant à l’autre grand enseignement de la crise du Covid-19, il appartient au registre des services : “Pour une enseigne comme la nôtre, le click and collect est devenu incontournable” observe Benjamin Quiras. Une réflexion est en cours en vue de sa mise en route.

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