Bio, locavorisme et fait maison, même combat !

Article mis en ligne par · 8 avril 2021 ·

En cette si particulière année 2020, la part des consommateurs de produits bio dans la population française est restée à peu près stable. Ainsi, neuf Français sur dix ont acheté des produits bio l’an dernier, dont 13 % tous les jours, 73 % au moins une fois par mois et 17 % moins d’une fois par mois, selon le Baromètre de la consommation 2021 publié par l’Agence Bio, un sondage réalisé du 13 novembre au 1er décembre derniers auprès d’un échantillon représentatif de la population (2 100 personnes). Les proportions de consommateurs réguliers, occasionnels et de ceux qui sont réfractaires au bio (10 % en 2020) restent ainsi sensiblement égales à celles qu’elles étaient au cours des deux années précédentes.

Cuisiner davantage, le fait marquant

En revanche, la crise sanitaire et les confinements ont stimulé l’envie de mieux manger et de consommer local. « On cuisine davantage, en utilisant plus de produits locaux, frais, bio et de saison, souligne ainsi Laure Verdeau, directrice générale de l’Agence Bio. On a envie de soutenir l’activité économique autour de chez soi. Et pour la première fois, les gens délaissent les grandes surfaces. »  Encouragé par la fermeture des restaurants et les confinement, le fait de cuisiner davantage restera le comportement le plus marquant de l’année. Fédérant plus de la moitié des Français (qu’ils soient consommateurs bio ou non), il corrobore les autres conduites alimentaires : lutte contre le gaspillage, achats aux producteurs locaux et dans les magasins de proximité. Plus que jamais, en 2020, le « consommer local » aura été un acte militant !

Les grandes surfaces contestées

Cette volonté de soutenir les producteurs locaux est encore plus marquée chez les consommateurs bio, qui tendent à moins fréquenter, dans le même temps, la grande distribution. Même si la grande surface reste, tous produits bio confondus, le canal d’achat le plus utilisé (74 % contre 77 % l’année dernière), elle a été délaissée volontairement par les consommateurs bio au profit des producteurs locaux et ventes directes à la ferme (26 % contre 20 % en 2019) « probablement un peu par crainte de contagion et aussi par conviction, surtout par les cibles les plus âgées », note la synthèse du Baromètre. Un changement décisif pour un dixième des consommateurs, qui se sont abstenus de revenir acheter des produits bio en grandes surfaces après le confinement… La grande distribution est cependant parvenue à tirer son épingle du jeu grâce au drive.

Les CSP- viennent au bio

Parallèlement, le bio a continué de se démocratiser. Parmi les 15 % de consommateurs de produits bio qui le sont depuis moins d’un an, de nouveaux profils sont surreprésentés, comme les jeunes de moins de 25 ans et les catégories les CSP-, dont 20 % consomment des produits biologiques depuis moins d’un an. A noter par ailleurs que les trois-quarts des nouveaux consommateurs de produits bio ont s’y sont converti en début d’année 2020, avant la période du premier confinement.

Le prix, un frein moins puissant

Pour l’ensemble des Français, le prix reste un frein à consommer davantage de produits bio. Cependant ce critère enregistre un recul significatif de 5 points pour les consommateurs plus occasionnels et de 12 points pour les non-consommateurs par rapport à 2019. Pour les consommateurs quotidiens, l’attrait des produits locaux non bio vient expliquer, en partie, la raison pour laquelle ils ne consomment pas plus de produits bio. Ce résultat s’observe surtout chez les plus anciens (consommant du bio depuis 5 ans et plus et depuis 10 à 19 ans) et chez les 65 ans et plus. Le retour à la consommation locale semble rassurer cette génération dans un contexte sanitaire particulièrement anxiogène. Parmi les autres freins les plus cités, on note encore « des doutes sur le fait que les produits soient totalement bio ». Cette dimension arrive en seconde position, pour toutes les cibles, même auprès des consommateurs quotidiens. Du pain sur la planche pour l’Agence bio !

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